En 2026, le licenciement pour faute grave est une rupture disciplinaire qui met fin au contrat sans préavis ni indemnité de licenciement. En revanche, il n’empêche pas en soi l’ouverture de l’ARE si le salarié remplit les conditions d’affiliation au chômage.
Ce qu’emporte juridiquement une faute grave
La faute grave correspond à un comportement du salarié d’une telle gravité qu’il rend impossible son maintien dans l’entreprise, y compris pendant la durée du préavis. C’est cette impossibilité de poursuite du contrat qui distingue la faute grave d’autres ruptures disciplinaires moins sévères.
Le cadre légal cité par les praticiens repose notamment sur les articles L1234-1, L1234-5 et L1234-9 du Code du travail. En pratique, cela signifie trois effets immédiats : pas de préavis, pas d’indemnité compensatrice de préavis, et pas d’indemnité de licenciement. Les faits fréquemment invoqués sont l’insubordination, le vol, les violences, le harcèlement et les absences injustifiées.
La logique de la faute grave est donc simple : le manquement doit être suffisamment sérieux pour que l’employeur ne puisse pas laisser le salarié continuer à travailler, même temporairement. C’est un niveau de gravité plus élevé qu’un simple manquement disciplinaire, car la poursuite de la relation de travail est jugée incompatible avec les faits reprochés.
Les délais à respecter pour licencier pour faute grave
La procédure disciplinaire est encadrée par plusieurs délais. Le premier est celui de la prescription disciplinaire : l’employeur dispose de 2 mois à compter de sa connaissance des faits pour engager la procédure. Le délai de 3 ans parfois cité ne concerne pas ce déclenchement disciplinaire, mais la prescription de certaines actions en justice.
Avant de notifier un licenciement, l’employeur doit respecter un temps minimum entre la convocation et l’entretien préalable : 5 jours ouvrables. Après l’entretien, il doit attendre au moins 2 jours ouvrables avant d’envoyer la lettre de licenciement. La notification ne peut ensuite intervenir au-delà d’un délai maximal de 1 mois à compter de l’entretien préalable.
Le salarié dispose lui aussi d’un délai pour agir : il peut saisir le conseil de prud’hommes dans un délai de 2 ans pour contester la rupture du contrat. Ces délais structurent toute la procédure, car un manquement de calendrier peut fragiliser la rupture disciplinaire.
| Élément | Règle en cas de faute grave | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Préavis | Supprimé | Le contrat prend fin sans exécution du préavis |
| Indemnité de licenciement | Non due | Aucune indemnité de licenciement versée |
| Indemnité compensatrice de préavis | Non due | Pas de paiement correspondant au préavis non effectué |
| ARE / chômage | Possible si les conditions sont remplies | Le salarié peut être indemnisé par France Travail selon son affiliation |
| Prescription disciplinaire | 2 mois | L’employeur doit agir dans ce délai après connaissance des faits |
| Convocation à entretien | 5 jours ouvrables minimum avant l’entretien | La procédure doit respecter ce délai de préparation |
| Notification après entretien | Au moins 2 jours ouvrables, au plus 1 mois | Le licenciement doit être envoyé dans les bornes légales |
Déroulement concret de la procédure en 3 étapes
En pratique, la procédure se déroule en trois grandes séquences. La première peut être une mise à pied conservatoire, mais elle n’est pas obligatoire. Elle est utilisée lorsque la présence du salarié dans l’entreprise est immédiatement impossible, par exemple en cas de vol ou de violences. Si la faute grave est finalement retenue, cette mise à pied n’est pas rémunérée, sauf règle conventionnelle plus favorable.
La deuxième étape est la convocation à l’entretien préalable. Elle doit être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge. Elle doit mentionner l’objet de l’entretien, la date, l’heure et le lieu, ainsi que le droit pour le salarié d’être assisté par un membre du personnel ou par un conseiller salarié inscrit sur la liste départementale. Le délai minimal de 5 jours ouvrables entre la convocation et l’entretien est impératif.
La troisième étape est la notification du licenciement. Après l’entretien, l’employeur doit attendre au moins 2 jours ouvrables pour envoyer la lettre, sans dépasser 1 mois à compter de l’entretien préalable. Ce calendrier est central, car la régularité formelle de la procédure pèse autant que la qualification même de la faute.
- Vérifier la date de connaissance des faits pour calculer le délai de 2 mois.
- Préparer une convocation complète avec les mentions obligatoires.
- Respecter le délai de 5 jours ouvrables avant l’entretien.
- Ne pas notifier la rupture avant 2 jours ouvrables après l’entretien.
- Envoyer la lettre de licenciement dans le délai maximal de 1 mois.
Faute grave et chômage : ce que le salarié peut encore percevoir
Le licenciement pour faute grave n’empêche pas automatiquement l’accès au chômage. Selon les faits fournis, le salarié peut ouvrir droit à l’ARE s’il remplit les conditions d’affiliation exigées. L’idée essentielle est donc qu’une rupture disciplinaire sévère n’équivaut pas à une exclusion du régime d’assurance chômage.
Il faut distinguer les sommes supprimées par le licenciement pour faute grave et les droits qui dépendent d’un autre régime. Le salarié perd le préavis et l’indemnité de licenciement, mais la question de l’ARE relève des règles d’indemnisation du chômage. En pratique, c’est la situation d’affiliation qui compte pour l’ouverture des droits, et non la seule gravité de la faute.
Autrement dit, la faute grave peut avoir un impact très lourd sur les droits liés à la rupture du contrat, sans effacer pour autant tout droit à indemnisation chômage. Cette nuance est importante, car elle évite de confondre sanctions disciplinaires et règles d’assurance chômage.
FAQ
Un salarié licencié pour faute grave a-t-il droit à une indemnité de licenciement ?
Non. Les faits indiquent que la faute grave exclut l’indemnité de licenciement, ainsi que l’indemnité compensatrice de préavis.
Le licenciement pour faute grave supprime-t-il automatiquement le droit au chômage ?
Non. Le salarié peut ouvrir droit à l’ARE si les conditions d’affiliation sont remplies. La faute grave n’empêche donc pas, à elle seule, l’indemnisation chômage.
Quel est le délai pour engager une procédure disciplinaire après les faits ?
L’employeur dispose de 2 mois à compter de la connaissance des faits pour engager la procédure disciplinaire.
Sources : Juridique Magazine, Le Bouard Avocats, Assistant Juridique, Swim Legal, JustiJob
💡 L’avis de lesite.pro
1. Respectez scrupuleusement la procédure légale pour éviter les contestations. 2. Documentez chaque étape et conservez les preuves de la faute grave. 3. Faites-vous accompagner par un expert en droit du travail.
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Article rédigé par Charles Madureira — données vérifiées (juin 2026).

