Procedure licenciement faute grave

Procédure de licenciement pour faute grave : Droits, étapes et recours

mars 25, 2026

En 2026, le licenciement pour faute grave est une rupture disciplinaire qui met fin au contrat sans préavis ni indemnité de licenciement. En revanche, il n’empêche pas en soi l’ouverture de l’ARE si le salarié remplit les conditions d’affiliation au chômage.

Ce qu’emporte juridiquement une faute grave

La faute grave correspond à un comportement du salarié d’une telle gravité qu’il rend impossible son maintien dans l’entreprise, y compris pendant la durée du préavis. C’est cette impossibilité de poursuite du contrat qui distingue la faute grave d’autres ruptures disciplinaires moins sévères.

Le cadre légal cité par les praticiens repose notamment sur les articles L1234-1, L1234-5 et L1234-9 du Code du travail. En pratique, cela signifie trois effets immédiats : pas de préavis, pas d’indemnité compensatrice de préavis, et pas d’indemnité de licenciement. Les faits fréquemment invoqués sont l’insubordination, le vol, les violences, le harcèlement et les absences injustifiées.

La logique de la faute grave est donc simple : le manquement doit être suffisamment sérieux pour que l’employeur ne puisse pas laisser le salarié continuer à travailler, même temporairement. C’est un niveau de gravité plus élevé qu’un simple manquement disciplinaire, car la poursuite de la relation de travail est jugée incompatible avec les faits reprochés.

Les délais à respecter pour licencier pour faute grave

La procédure disciplinaire est encadrée par plusieurs délais. Le premier est celui de la prescription disciplinaire : l’employeur dispose de 2 mois à compter de sa connaissance des faits pour engager la procédure. Le délai de 3 ans parfois cité ne concerne pas ce déclenchement disciplinaire, mais la prescription de certaines actions en justice.

Avant de notifier un licenciement, l’employeur doit respecter un temps minimum entre la convocation et l’entretien préalable : 5 jours ouvrables. Après l’entretien, il doit attendre au moins 2 jours ouvrables avant d’envoyer la lettre de licenciement. La notification ne peut ensuite intervenir au-delà d’un délai maximal de 1 mois à compter de l’entretien préalable.

Le salarié dispose lui aussi d’un délai pour agir : il peut saisir le conseil de prud’hommes dans un délai de 2 ans pour contester la rupture du contrat. Ces délais structurent toute la procédure, car un manquement de calendrier peut fragiliser la rupture disciplinaire.

ÉlémentRègle en cas de faute graveConséquence pratique
PréavisSuppriméLe contrat prend fin sans exécution du préavis
Indemnité de licenciementNon dueAucune indemnité de licenciement versée
Indemnité compensatrice de préavisNon duePas de paiement correspondant au préavis non effectué
ARE / chômagePossible si les conditions sont rempliesLe salarié peut être indemnisé par France Travail selon son affiliation
Prescription disciplinaire2 moisL’employeur doit agir dans ce délai après connaissance des faits
Convocation à entretien5 jours ouvrables minimum avant l’entretienLa procédure doit respecter ce délai de préparation
Notification après entretienAu moins 2 jours ouvrables, au plus 1 moisLe licenciement doit être envoyé dans les bornes légales

Déroulement concret de la procédure en 3 étapes

En pratique, la procédure se déroule en trois grandes séquences. La première peut être une mise à pied conservatoire, mais elle n’est pas obligatoire. Elle est utilisée lorsque la présence du salarié dans l’entreprise est immédiatement impossible, par exemple en cas de vol ou de violences. Si la faute grave est finalement retenue, cette mise à pied n’est pas rémunérée, sauf règle conventionnelle plus favorable.

La deuxième étape est la convocation à l’entretien préalable. Elle doit être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge. Elle doit mentionner l’objet de l’entretien, la date, l’heure et le lieu, ainsi que le droit pour le salarié d’être assisté par un membre du personnel ou par un conseiller salarié inscrit sur la liste départementale. Le délai minimal de 5 jours ouvrables entre la convocation et l’entretien est impératif.

La troisième étape est la notification du licenciement. Après l’entretien, l’employeur doit attendre au moins 2 jours ouvrables pour envoyer la lettre, sans dépasser 1 mois à compter de l’entretien préalable. Ce calendrier est central, car la régularité formelle de la procédure pèse autant que la qualification même de la faute.

  • Vérifier la date de connaissance des faits pour calculer le délai de 2 mois.
  • Préparer une convocation complète avec les mentions obligatoires.
  • Respecter le délai de 5 jours ouvrables avant l’entretien.
  • Ne pas notifier la rupture avant 2 jours ouvrables après l’entretien.
  • Envoyer la lettre de licenciement dans le délai maximal de 1 mois.

Faute grave et chômage : ce que le salarié peut encore percevoir

Le licenciement pour faute grave n’empêche pas automatiquement l’accès au chômage. Selon les faits fournis, le salarié peut ouvrir droit à l’ARE s’il remplit les conditions d’affiliation exigées. L’idée essentielle est donc qu’une rupture disciplinaire sévère n’équivaut pas à une exclusion du régime d’assurance chômage.

Il faut distinguer les sommes supprimées par le licenciement pour faute grave et les droits qui dépendent d’un autre régime. Le salarié perd le préavis et l’indemnité de licenciement, mais la question de l’ARE relève des règles d’indemnisation du chômage. En pratique, c’est la situation d’affiliation qui compte pour l’ouverture des droits, et non la seule gravité de la faute.

Autrement dit, la faute grave peut avoir un impact très lourd sur les droits liés à la rupture du contrat, sans effacer pour autant tout droit à indemnisation chômage. Cette nuance est importante, car elle évite de confondre sanctions disciplinaires et règles d’assurance chômage.

FAQ

Un salarié licencié pour faute grave a-t-il droit à une indemnité de licenciement ?
Non. Les faits indiquent que la faute grave exclut l’indemnité de licenciement, ainsi que l’indemnité compensatrice de préavis.

Le licenciement pour faute grave supprime-t-il automatiquement le droit au chômage ?
Non. Le salarié peut ouvrir droit à l’ARE si les conditions d’affiliation sont remplies. La faute grave n’empêche donc pas, à elle seule, l’indemnisation chômage.

Quel est le délai pour engager une procédure disciplinaire après les faits ?
L’employeur dispose de 2 mois à compter de la connaissance des faits pour engager la procédure disciplinaire.

Sources : Juridique Magazine, Le Bouard Avocats, Assistant Juridique, Swim Legal, JustiJob

💡 L’avis de lesite.pro

1. Respectez scrupuleusement la procédure légale pour éviter les contestations. 2. Documentez chaque étape et conservez les preuves de la faute grave. 3. Faites-vous accompagner par un expert en droit du travail.

Pour aller plus loin : faute lourde chomage droits are, licenciement faute grave solde de tout compte.

Article rédigé par Charles Madureira — données vérifiées (juin 2026).

Charles madureira

À propos de Charles Madureira

Ancien Contrôleur de Gestion chez Capgemini, j'ai développé une expertise rigoureuse dans l'analyse de la performance et la rentabilité des entreprises. Passionné par l'intersection entre le business et la technologie, j'ai choisi de pivoter vers l'univers de la Tech en suivant le bootcamp Le Wagon à Lisbonne.

Ce parcours m'a permis d'intégrer l'écosystème dynamique des startups lisboètes, où j'ai pu affiner ma compréhension des leviers de croissance numériques. Aujourd'hui, je fusionne ma culture financière avec les stratégies de Marketing et de SEO pour aider les entrepreneurs à piloter leur activité avec précision et visibilité.

Sur Le Site du Pro, je partage mes analyses pour transformer les données chiffrées en décisions stratégiques concrètes.